vendredi 18 août 2017

Le jeune garçon et le valet de ferme à la Libération


 Tout a une fin, même les meilleures choses. Me voici donc rentré de vacances pour reprendre progressivement le train train quotidien. Il va sans doute me falloir un petit moment pour me remettre à jour et répondre à tous les mails envoyés pendant que j'étais déconnecté ainsi qu'aux messages postés sur ce blog. Je ne peux d'ailleurs pas vous assurer que je pourrai répondre à tous ces commentaires.


Je remercie L-J qui m'a envoyé pendant les vacances la suite du récit qu'il nous avait offert en février et mars. Souvenez-vous, il s'agissait de l'histoire d'un jeune garçon initié par des soldats allemands pendant l'occupation. Vous pouvez relire les trois premières parties de ce récit en cliquant sur les liens suivants :



Cette première journée me sembla durer une éternité. J’étais habitué à être toujours dans le mouvement entre le collège, la ferme et mes travaux, je n’avais pas l’habitude d’avoir beaucoup de temps, mon grand-père n’étant pas le genre d’homme à prôner l’oisiveté. De plus dans la cabane il y avait peu de chose à faire. Pourtant je m’attelais à ranger et à nettoyer avec les moyens du bord, je voulais que Valentin voit que je savais les risques qu’il prenait pour moi. J’ouvris le garde-manger, il y avait quelques fruits et des légumes,  je pris une pomme et la croquai à pleine dent, puis dans la vieille armoire, je trouvai le peu de vêtements que possédait Valentin. Je compris soudain pourquoi il était toujours vêtu pareil et je réalisai d’un coup que j’avais jusqu’à présent toujours été privilégié. Mes parents avaient une bonne situation et, en y repensant, j’aurais donné n’importe quoi pour être auprès d’eux dans le grand appartement de le rue Jean de la Fontaine,  retrouver ma chambre, mes livres. Même si mes parents  s’occupaient peu de moi et que je les voyais peu, je me rendis compte à cet instant de la chance que j’avais eu  jusqu’à présent. Visiblement, Valentin lui n’avait pas eu la même.

La journée passa bon gré mal gré, et quand à la nuit tombée Valentin rentra, il était fourbu par la journée. Il sortit de sa besace une miche de pain, du fromage. Comme à son habitude il restait silencieux, sans doute le fait d’être la plupart du temps seul. Pourtant, il me demanda au bout d’un moment si j’allais bien. Sa voix était douce et chaude, tellement plus masculine que ma voix. Notre dîner fut très frugal. Il en profita pour me raconter ce qu’il avait entendu. L’on me cherchait toujours et mon cousin disait à qui voulait l’entendre que j’étais la salope à boche et que s’il me retrouvait je paierais pour ça. Comme si le prix à payer n’avait pas été déjà au-dessus de mes moyens ! Je ne disais rien, je l’écoutais. Il m’expliqua que d’ici quelques jours les choses se tasseraient  et qu’il m’apporterait des vêtements propres, et que nous pourrions partir. À l’évocation de ce nous, je le regardai et lui demandai pourquoi il faisait tout ça pour moi. Il me sourit et me dit qu’il aurait bien aimé qu’on le fasse pour lui mais qu’au lieu de ça on l’avait toujours maltraité. Il m’expliqua qu’à partir de ses douze ans son père l’avait loué de ferme en ferme et qu’avec ses cheveux roux on lui avait maintes fois dit qu’il était un enfant du diable, et qu’on le lui avait fait payer de maintes manières. Sa mère, il ne l’avait pas connue et son ivrogne de  père dépensait l’argent dans l’alcool. Un jour, fatigué de tout ça, il s’était enfui loin de chez lui. Quitte à travailler, il voulait au moins que ce soit pour lui. Il me dit encore qu’il n’était pas comme moi mais que j’aurais pu être son petit frère. Puis, la nuit étant tombée, il me dit qu’il était fatigué et qu’il était temps de  dormir. Je regagnai donc le lit et, quand je le vis prêt à se coucher par terre au pied de son lit, je l’arrêtais en lui disant qu’après sa journée il devait prendre le lit et que je dormirais par terre. Cela me semblait juste et normal. De suite il refusa. J’insistai puis je lui proposai de dormir dans le lit tous les deux. Là encore, il refusa me répétant qu’il n’était pas comme moi. Je réalisai d’un coup ce qu’il voulait dire, le rouge monta à mes joues, je le regardai et argumentai que si il me considérait comme son petit frère il pouvait dormir avec moi, il ne se passerait rien. Je le vis hésiter puis, vaincu par la fatigue, il se rendit. Il éteignit la lampe, je me couchai le premier. Très vite il se coucha en tricot de peau et en caleçon long. J’écoutais sa respiration et quand j’entendis un rythme régulier je sus qu’il dormait. J’avoue sans aucune honte que j’eu moi plus de mal à dormir. C’était la première fois que je partageais le lit d’un homme mais, après les événements des derniers jours, je ne pensais pas à profiter de la situation. Valentin avait été gentil avec moi rien d’autre, il ne fallait pas que je perde mon seul allié.  Au petit matin, je me réveillai et je le regardai dormir. Quand il bougea, de suite je fis celui qui dormait encore. Il se leva doucement du lit, il s’étira une fois, puis deux. Je l’observais, le jour perçait à peine mais, par ces journées d’été, le soleil ne tarderait plus lui non plus à se lever. Je vis Valentin sortir. Comme la veille, il retira son tricot de peau et se rinça rapidement à la pompe. Quand il revint torse nu et les cheveux mouillé, il alla dans l’armoire qui grinça, prit un tricot propre et remit ses vêtements. Puis, comme la veille, il prépara un ersatz de café et de chicorée, il regarda dans ma direction et dit tout fort : «  je sais que tu ne dors pas, allez viens déjeuner sale gosse ». D’un coup d’un seul, je me levai en le regardant et il éclata alors  d’un rire franc et cristallin. Nous primes notre petit déjeuner et, comme la veille il partit tout de suite après pour la ferme et les champs.

Les journées et les nuits se répétaient les unes après les autres. Les semaines avaient passée, Valentin avait, je ne sais comment, réussi à me ramener quelques vêtements et une paire de chaussures. Avec le temps, nous avions à présent pris notre rythme et atteint une certaine intimité. Nous passions chaque nuit dans le petit lit mais sans aucune gêne de part et d’autre. Certains matins, je remarquais bien et sentais aussi une raideur toute masculine chez Valentin, et de son côté, je pense qu’il ne pouvait ignorer mes érections nocturnes. Je faisais le nécessaire dans la journée pour éviter d’avoir des éjaculations la nuit. Un dimanche matin, je le vis qui mettait une grande quantité d’eau à chauffer. Quand je lui demandai pourquoi, il me répondit que c’était pour qu’on se lave. Comme je ne comprenais toujours pas, il me dit que nous allions partir d’ici peu de temps et qu’il fallait être bien propre, ne sachant pas trop quand ni comment nous pourrions nous laver durant le voyage, car d’emblée le train était exclu. Quand tout fut prêt, l’eau chaude, le broc, le baquet et le gros morceau de savon de Marseille, il me dit de venir me laver. Je le regardai avec des yeux ronds, faisant mine de ne pas comprendre. Il me dit de ne pas faire l’enfant qu’il n’allait pas me manger, donc j’obéis docilement, me mis nu devant lui dans le baquet. Il me versa un peu d’eau, je me savonnai le corps et les cheveux et, évitant de penser à rien d’autre, je priai silencieusement pour que mon sexe reste tranquille. Une fois rincé, je m’essuyai et me hâtai de m’habiller. Valentin souleva le baquet et le vida dehors. Il revint dans la cabane en me disant « à moi maintenant ». Là, j’ouvris encore plus grand les yeux. « Quoi, me dit-il, tu ne vas pas faire ta chochotte, je crois que tu as déjà vu un homme nu. » Je ne répondis même pas, je n’en eu pas le temps, il était déjà nu dans le baquet attendant que je lui verse de l’eau sur lui. Je ne réfléchis pas une seconde et fit ce qu’il attendait de moi, sans pudeur il se savonna et se rinça, puis il éclata de rire en me disant que si je pouvais voir ma tête moi aussi je rirais. Quand vint le soir, j’avoue que j’eu plus  de mal à dormir qu’à l’habitude, je revoyais la scène comme dans un film, je revoyais son torse musclé parsemé d’une toison rousse qui descendait jusqu’à la naissance de son sexe. J’avais évité de m’attarder sur cette partie de son anatomie, mais de ce que j’avais vu, son sexe était long, pâle et fort, ses bourses descendaient assez bas, ses fesses étaient musclées, en un mot je me dis que je devais arrêter d’y penser si je voulais pouvoir dormir. Mais, ce soir-là, mon  sommeil fut agité.

Le lendemain matin, il partit pour le travail des champs, mais avant de partir, il me demanda de rassembler mes affaires dans une besace en vue de notre prochain départ. J’avoue que j’étais un peu fébrile et excité aussi par ce prochain départ. Pour moi, cela allait être une nouvelle aventure et j’allais avoir le bonheur de la vivre avec Valentin. Toutes ces semaines passées, ces nuits partagées, nous avaient liés de manière irréversible. Je me moquais qu’il me traite comme son petit frère, je savais au fond de moi que moi je l’aimais et que je devais me battre pour cet amour. J’étais, il est vrai, encore jeune et plein d’illusion, mais je savais aussi maintenant que je tenterais ma chance tôt ou tard.

Le fameux jour du départ arriva. Un soir, Valentin arriva et sans perdre du temps il me dit de prendre mes affaires et qu’on partait dans la nuit. Nous mangeâmes notre soupe, un peu de viande séché, un fruit. Quand nous sortîmes, il faisait nuit noire. Il y avait bien longtemps que je n’avais pas quitté la cabane et j’étais content de marcher au côté de Valentin. Nous passâmes par les bois en évitant le village. À un moment, nous étions très proche de la ferme de mes grands-parents, je hâtais le pas voulant mettre  le plus de distance avec ces gens qui, bien que de ma famille, ne m’avaient jamais témoigné ni amour ni affection. Je marchais d’un pas décidé quand je sentis que Valentin me prenait la main. Je m’arrêtai et serrai fort sa main chaude. Nous reprîmes notre  route et, au petit matin, nous arrivâmes à un bourg que je ne connaissais pas. Nous étions fatigués. Nous trouvâmes une grange isolée du village pour nous y cacher. Nous ne ressortîmes qu’à la nuit tombée et repartîmes. Plus nous mettions de kilomètres entre nous et le village mieux c’était, m’avait dit Valentin. Là-dessus, j’étais bien d’accord avec lui.

Très vite, nous réalisâmes que nous avions pris assez de distance. Dès lors, nous marchions la journée et nous cachions la nuit dans les granges pour reprendre des forces. Souvent nous mangions ce que nous trouvions. Cela faisait déjà une bonne semaine que nous étions partis et nous avions repris confiance. Du coup, nous relâchions la pression et puis, un soir que nous étions en train de dormir dans une grange, la fermière arriva sur nous avec un fusil. Elle nous mit en joue en nous demandant ce que fichtre nous foutions là ? Ce fut Valentin qui nous présenta comme deux frères qui avaient fui le village de notre enfance. La fermière s’appelait Suzanne, elle nous demanda de la suivre, nous offrit une bonne soupe. Elle nous expliqua qu’elle vivait seule avec son chien et que nous lui avions fait peur. C’était une belle femme brune d’une quarantaine d’année et je compris au regard qu’elle jetait à Valentin que j’avais une rivale, ce qui ne me plaisait pas du tout, mais c’était assez logique, vivant seule dans une ferme isolée elle ne devait pas avoir beaucoup d’occasion, et Valentin était la tentation même. Au regard qu’ils échangeaient, je compris bien vite que Valentin n’était lui non plus pas insensible aux charmes de Suzanne. Du coup, je me refermai comme une huître ne répondant que par monosyllabes. Elle nous installa dans une chambre de la maison et Valentin de suite me dit qu’on allait rester un peu, le temps de lui donner un coup de main pour la remercier et pour reprendre des forces.

Très vite je compris en voyant les jours qui passaient qu’une certaine intimité s’était installée entre eux et la nuit où je les surpris en plein ébats, leurs corps nus seulement éclairés par la lune, je compris alors que j’allais devoir reprendre mon chemin seul en espérant de nouvelles aventures qui me ferait oublier mon chagrin.


Il est triste qu'il ne se soit rien passé entre le jeune garçon et le valet de ferme mais ainsi est faite la vie. C'est très fréquent qu'un jeune gay tombe amoureux d'un hétéro qui ne répondra jamais à ses désirs amoureux. Qui n'en a pas fait l'expérience ?


Vous aussi, vous pouvez participer à l'animation du blog en envoyant vos récits, qu'ils soient imaginaires ou basés sur des expériences vécues, l'essentiel étant qu'ils soient en rapport avec les thématiques de ce blog : fantasmes gays incestueux, relations sexuelles entre jeunes mecs et hommes plus âgés, ou tout simplement le plaisir du sexe entre mecs. N'hésitez donc pas à nous écrire en utilisant le formulaire de contact qui se trouve à droite. Merci de précisez dans votre message qu'il s'agit d'un récit à publier.


Bonne journée à tous !

4 commentaires:

  1. Bjour Kalinours and Co,
    Bonne reprise et tout ce qui va avec. Merci pour avoir répondu à mes msgs sur le blog, je suis touché de votre gentillesse à tous les 2.
    Je vais profiter de mettre sur un clé USB l'ensemble de cette histoire et aussi la suite s'il y en a une. Transmettez à L-J mes félicitations et mes remerciements pour cette participation à votre blog, ne pouvant le faire en direct, n'ayant pas ses coordonnées.
    Quant à vous deux, bonne fin de semaine et gors bisous depuis les bords du Léman
    Philippe

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    1. Bonjour, Philippe.
      Comme L-J passe régulièrement ici, je suis sûr qu'il verra et appréciera tes félicitations et remerciements. Je pense que l'enregistrement de cette histoire sur une clé USB est le plus beau compliment que tu pouvais lui faire.
      Nous te souhaitons un très bon week-end sur les bords du Léman.
      Bisous depuis les forêts ardennaises copieusement arrosées par le ciel.

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    2. Merci beaucoup pour vos remerciements , je suis très flatté que vous souhaitiez avoir mon histoire pour vous sur une clé USB , cela m'encourage à continuer et je dois
      m'atteler à l'écriture de la suite , puisque notre jeune héros est loin
      d'avoir terminé son parcours iniatique . Un grand merci aussi à ce blog de m'accueillir avec autant de gentillesse , belle soirée

      18 août 2017 à 21:40

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    3. C'est surtout à moi de te remercier, L-J. Je te souhaite un très agréable week-end.
      Bisous et à bientôt.

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