vendredi 24 mars 2017

Les homosexuels sont-ils les premiers homophobes ?


 On ne peut pas vraiment dire que les homosexuels et les homophobes sont faits pour s'entendre. Au contraire, vouloir les mettre ensemble risque fort de faire un mélange explosif. Dès lors, suggérer que les homosexuels pourraient être les premiers homophobes, c'est sans doute pousser le bouchon un peu loin. Et pourtant ...


Certains n'hésitent pas à dire que les pires homophobes sont des homosexuels refoulés, des gays qui ne peuvent pas assumer ce qu'ils sont réellement.


Par définition, une phobie est une crainte angoissante et injustifiée d'une situation, d'un objet ou de l'accomplissement d'une action. L'homophobie est donc la crainte angoissante et injustifié de l'homosexualité.


L'homophobie, c'est aussi le rejet de l'homosexualité, l'hostilité systématique à l'égard des homosexuels.


Lorsque j'étais enfant et adolescent, l'homosexualité n'était pas un sujet dont on parlait ouvertement. J'ai ainsi pris conscience que j'étais plus attiré par les garçons que par les filles bien avant de savoir ce qu'était l'homosexualité. N'ayant aucun modèle autre que des hétérosexuels auquel m'identifier, j'ai pensé que l'attirance que je ressentais à l'égard des garçons n'était pas normale. J'ai cru que j'étais anormal, que je devais refréner mes sentiments et m'efforcer de regarder les filles. L'homosexualité qui était la mienne sans que je puisse lui donner un nom me faisait une peur panique qui me mettait extrêmement mal à l'aise devant les autres. Je craignais que mes sentiments les plus intimes ne soient découverts malgré toutes les précautions que je prenais pour les dissimuler. J'avais l'impression d'être transparent et je ne pouvais pas supporter le regard des autres. Il m'était impossible de regarder quelqu'un dans les yeux et je gardais la tête baissée, comme quelqu'un pris en défaut. Dès que quelqu'un me regardait, je devenais rouge comme une pivoine, je me mettais à trembler comme une feuille morte et j'étais incapable d'aligner deux mots sans bafouiller. C'était une réelle maladie, très handicapante, une vraie phobie. J'étais homophobe comme d'autres sont agoraphobes, claustrophobes, arachnophobes, ...


J'ai par la suite fait des études pour exercer un métier qui m'obligeait à parler en public pendant des heures, ce qui m'a sérieusement affranchi, pour autant que je ne sois pas amené à parler de mes sentiments. Mais, ce n'est pas parce que je n'avais plus peur du regard des autres et de m'exprimer devant eux que mon homosexualité ne me posait plus de problème.
,

Il m'a encore fallu plusieurs années avant de mettre fin aux illusions que j'entretenais que mes attirances affectives pourraient changer, avant de reconnaître sans plus me mentir à moi-même que j'étais homosexuel et enfin avant de l'accepter. Et quand tout cela a été clair pour moi, il m'a encore fallu du temps avant de pouvoir en parler avec les autres et finalement faire mon coming out.



Quand j'ai fait mon coming out, j'aurais voulu que tout aille très vite. Il est vrai que j'avais beaucoup de temps à récupérer. Alors que j'avais mis plusieurs années à m'accepter tel que j'étais, j'aurais voulu que mes parents et mon entourage accepte d'un seul coup tout le paquet que je leur apportais : non seulement j'étais homo mais en plus j'avais un ami et je m'étais mis en ménage avec lui.


Ainsi, quand je pense au peu de temps que mes parents et amis ont mis pour accepter mon homosexualité comparé à celui qu'il m'a fallu pour le faire moi-même, je dois bien reconnaître que j'ai été dans ce domaine mon pire ennemi.


Des homophobes, j'en ai rencontrés plusieurs dans ma vie. Mais, le seul qui a pu m'empêcher de m'épanouir dans ma vie affective et sexuelle, c'est moi, le moi que j'étais il y a 40-50 ans !


 Aujourd'hui, quand je suis face à un homophobe, je peux le regarder droit dans les yeux en pensant : "toi, tu ne me fais pas peur, tu ne pourras jamais me faire autant de mal que je m'en suis fait moi-même mais maintenant je suis bien dans ma peau et tu ne peux plus m'atteindre."








18 commentaires:

  1. Le beau rouquin est de retour. Les deux autres sont trop mignons. Je reconnais le jeune d'un article précédent.
    L'autre a de beaux tatoos mais ils sont mal coordonnés sur son corps à mon avis. Cela fait un peu brouillon.

    Ce que tu décris dans ton article n'est pas, selon moi, de l'homophobie telle est ressenti habituellement, de manière haineuse. Je veux dire par là que ce n'était pas de la haine envers toi même mais seulement une peur générée soit par la non compréhension de ce qu'il t'arrivait soit générée par la prise de conscience que ta différence pourrait poser problème à ton entourage.
    Cela arrive à la plupart d'entre nous. Ce n'est pas vraiment de l'homophobie pour moi.

    Mais de l'homophobie entre gay, cela existe. Personnellement, je n'aime pas les garçons très efféminés. Ils ne m'attirent pas.
    Je ne les déteste pas et ne leur ferais pas de mal. Je pourrais avoir quelques réactions de mauvais goût en voulant faire de l'humour mais je ne les déteste pas.
    Par contre, je connais d'autres gays qui ont des réactions méprisantes à leur égard. Et cela, on peut le considérer comme de l'homophobie faite par des gays envers d'autres gays.

    Je suis sûr qu'on peut trouver d'autres exemples que celui que je viens de citer. Ce n'est pas parce que nous sommes gays que nous sommes bien sous tous rapports.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai choisi cette série spécialement pour François qui regrettait que le petit jeune (Will Braun) ne soit que actif dans la série de samedi passé. Il peut ainsi le voir ici dans la position du passif.
      Par définition, une phobie est avant tout une peur incontrôlée et irrationnelle, ce qui est bien le cas dans ce que je décris. La haine et la violence qui peuvent s'ensuivre ne sont que des conséquences de cette peur. L'homophobie ne va d'ailleurs pas toujours jusqu'à être haineuse et violente, elle peut se limiter au simple refus de l'homosexualité et de son expression sous quelque forme que ce soit. Dans ce sens, je pense que la peur que la plupart des homosexuels ressentent au départ et le refus d'assumer cette homosexualité est réellement de l'homophobie. Heureusement, beaucoup arrivent à dépasser cette peur et finissent par s'accepter tels qu'ils sont, ce qui permet de dépasser ce stade d'homophobie passagère. A mon avis, c'est en prenant conscience de l'homophobie qui a pu être la nôtre, des peurs que nous avons ressenties et des mécanismes que nous avons mis en oeuvre pour nous en débarrasser que nous pouvons le mieux combattre les homophobes. On ne peut en effet combattre efficacement que ce qu'on connaît bien.
      Cela dit, il est vrai que le monde homosexuel n'est pas homogène, ce n'est pas une grande famille dans laquelle tout le monde s'aime d'amour tendre ni où "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil."

      Supprimer
  2. Certains n'hésitent pas à dire que les pires homophobes sont des homosexuels refoulés

    c'est bien ce que je pense!

    belles images, avec un ginger fabuleux!

    RépondreSupprimer
  3. Hello Jean,
    Merci pour ton témoignage poignant. Je ne peux m'imaginer ce que tu as du vivre, mais quelle belle victoire en fin de compte. Bravo. Le commentaire de Corentin est également plein de bons sens. Les images sont belles, c'est un très bon roman-photo sans texte mais son contenu parle de lui-même.
    Bonne fin de semaine et gros bisous depuis les bords du Léman sous les nuages.
    Philippe

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, Philippe ! J'ai choisi cette série de photos pour François, un ami du blog qui voulait voir Will Braun (le petit jeune de la deuxième photo) en position de passif.
      Bon week-end au bord du Léman et bisous depuis les forêts ardennaises.

      Supprimer
  4. Très intéressant comme sujet

    même si je ne suis pas d'accord avec le terme homophobe lorsque cela concerne deux gays qui ne s’apprécient pas

    Moi je nomme ça de l'antipathie !

    Exemple je n'aime pas celui là parce qu'il est gros - maigre -efféminé - âgés etc...

    Je souhaitais précisais que sur mon blog 100% Gay j'avais effectuer un sondage voilà quelques temps concernant mes visiteurs

    47% étaient hétérosexuels ?

    20% étaient bisexuels

    33% étaient gays

    Ce qui prouve bien que les hétéros sont des homos refoulés !

    Pour ma part gay à 200% je ne parcours pas les blogs hétérosexuels !

    Bonne journée et agréable week-end les Garçons ainsi qu'à vos lecteurs

    Amicales pensées

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour, Patrice !
      Je suis d'accord, des gays qui ne s'apprécient pas entre eux, c'est plus de l'antipathie que de l'homophobie. Le suffixe -phobe ou -phobie indique une peur irrationnelle et non une détestation pour laquelle il existe le préfixe miso-
      A moins que les 47% d'hétéros qui visitent ton blog soient des femmes, je ne vois en effet pas ce qu'ils viendraient faire sur un blog homo. Tout comme toi, je n'ai aucune envie de visiter des blogs pornos hétéros, sauf s'ils ne montrent aucune femme (mais dans ce cas, ils ne sont plus vraiment hétéros). Je ne vais même pas voir les blogs bis car je zappe dès que je vois une femme. Ce n'est pas de l'hétérophobie mais simplement que cela ne m'intéresse pas.
      Bon week-end en Centre-Val de Loire.
      Bisous amicaux !

      Supprimer
  5. Je pense sincèrement qu'on peut pas être homophobe en étant gay , ce que tu décrit est plutôt la difficulté de l'acceptation de soi et de ses préférences sexuelles , après c'est vrai que certain gay ont Parfois un comportement limite envers d'autre gay , surtout quand tu n'est plus tout jeune ou quand tu est un peu trop folle à leur goût .

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ainsi que je l'explique dans ce billet et dans ma réponse à Corentin, je pense sincèrement que si et que ça vaut la peine de s'en rendre compte car on ne peut combattre efficacement que ce qu'on connaît bien (de l'intérieur).
      Bon week-end et bisous amicaux.

      Supprimer
    2. Il faudrait qu'un psychologue professionnel vienne donner son avis. Il doit bien en avoir un qui traine de temps sur le blog. Il pourrait enfin nous permettre d'y voir plus clair sur ce sujet et départager ton avis, Kalinours, et le notre car nous semblons être tous d'un avis contraire du tien.

      C'est étonnant le résultat du sondage du blog de Melvin. Soit les mecs ont menti soit ils se sont trompés en cochant les réponses sur le sondage.
      Et si ce résultat reflète vraiment la réalité soit ces mecs sont très curieux soit ils ne resteront pas hétéros bien longtemps. Il est probable que plusieurs d'entre eux changeront de catégorie dans pas longtemps. Le chiffre des bisexuels et celui des homo vont augmenter, c'est sûr.

      Supprimer
    3. Ce serait bien en effet d'avoir l'avis d'un psy spécialisé sur cette question bien que je pense qu'il évoquerait lui aussi la possibilité d'une "homophobie intériorisée"* pour expliquer le mal-être de jeunes gays qui peut les conduire jusqu'à l'autodestruction psychique et même physique, l'étape ultime de celle-ci étant le suicide.
      *Homophobie intériorisée : Du fait des préjugés et des normes sociales homophobes, les homosexuels en arrivent à se dévaloriser, voire à se détester eux-mêmes, ainsi que les autres homosexuels.
      On peut trouver sur cette question quelques références intéressantes sur le Net.

      Supprimer
  6. Des homophobes chez les gays ?

    Bien sûr que cela existe. C'est navrant, mais cela existe !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Quand on vit entouré d'homophobes, c'est difficile de ne pas le devenir même si on est homo soi-même. C'est bien sûr navrant car, dans ce cas, on est la première victime de sa propre homophobie (ou de celle des autres qu'on a fini par intérioriser).

      Supprimer
  7. Vianney Colette2 avril 2017 à 15:52

    Je n'ai encore jamais subi d'homophobie contre moi. C'est vrai que je suis pas homo depuis si longtemps.
    J'ai du mal à croire qu'on puisse être homo et homophobe à la fois.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est heureux, Vianney, et je te souhaite de ne jamais la subir.
      Malheureusement si, comme le dit François, les homos homophobes, ça existe.

      Supprimer
  8. Aucun psy n'a donné son avis sur le sujet. Il doit bien en avoir des psy, qui visitent le blog.
    C'est dommage. Est-ce parce que la consultation serait gratuite ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ou alors c'est parce qu'aucun psy n'a envie de se mouiller dans cette histoire ou de traumatiser l'un ou l'autre par sa réponse.

      Supprimer