vendredi 14 octobre 2016

Bridegroom - Bobby seul contre tous


 Pour ceux qui ne suivent pas assidûment les commentaires, Corentin nous a vivement recommandé "Bobby seul contre tous" un film passé récemment sur les antennes et que vous pouvez voir ou revoir sur YouTube. De notre côté, nous avons regardé "Bridegroom", un film américain à travers lequel Shane Bitney Crone rend un vibrant hommage à son ami Thomas Lee Bridegroom décédé accidentellement en 2011. Un point commun entre les deux films : l'homophobie des parents.


Quand Thomas décède, sa famille le rapatrie dans l'Indiana et refuse que son compagnon Shane participe aux funérailles.  Un an plus tard, Shane publie une petite vidéo de 10 minutes dans laquelle il rend hommage à son ami et évoque les problèmes qu'il a rencontrés à cause de l'homophobie de la famille de Tom. J'en ai trouvé une version sous-titrée en français :


Voici la traduction du contenu de cette vidéo :

S'il arrivait malheur à celui que vous aimez, est-ce que vous y seriez préparé ? Je m'appelle Shane. Et voici mon histoire.

Là, c'est moi. Je suis né dans une petite ville du Montana.

Voici Tom. Lui a grandi dans une petite ville de l'Indiana.

Tom et moi avons été en couple pendant 6 ans. Nous avons créé une entreprise, acheté une maison, et fait le tour du monde ensemble.

Voici JB. Nous l'avons adopté.

Il y a 5 ans, nous avons décidé de faire notre coming out auprès de nos familles respectives. La mienne a été heureuse d'apprendre que j'avais trouvé l'amour de ma vie. Mes nièces adoraient l'oncle Tom. Malheureusement, la famille de Tom n'a pas été aussi contente. Ses parents ont été outrés. Quand Tom est retourné dans l'Indiana passer Noël avec eux, son père l'a menacé avec une arme et l'a physiquement agressé. Sa mère lui a dit que l'homosexualité était un péché, et m'a accusé de l'avoir rendu gay. Elle lui a reproché de ne pas leur en avoir parlé plus tôt, ils auraient pu le faire soigner...

Tom a quitté rapidement sa famille pour regagner notre maison en Californie. Deux Noëls plus tard, il m'a offert une bague de fiançailles. Nous nous sommes promis de nous marier dès que cela serait possible légalement. "J'ai la sensation que 2011 va changer notre vie pour toujours" m'a-t-il écrit dans une lettre. Tom avait raison. Tout a changé. Tom et moi, nous ne sommes plus ensemble. Le 7 mai 2011, Tom est tombé de ce toit. Et il est mort.

Le jour de la fête des mères, la mère de Tom est venue chercher son corps pour le ramener dans l'Indiana. Alors même que pour lui, l'Indiana n'était plus sa maison. Je n'ai pas essayé de l'en empêcher. Il a fallu attendre que l'officier de police judiciaire nous remette le corps. Pendant ce temps, sa mère a commencé à poser des questions sur ses comptes bancaires. Elle a estimé que je devais payer ses funérailles et le transport vers l'Indiana. Cela ne faisait pas 24h que l'accident avait eu lieu. Elle a ensuite demandé à accéder à nos affaires personnelles. Là aussi, j'ai cédé. Je l'ai autorisée à prendre ce qu'elle voulait. L'officier nous a rendu le corps, et sa mère a disparu soudainement. Elle a promis de me tenir au courant. Je ne l'ai plus jamais revue.

J'ai pris l'avion pour assister aux funérailles de Tom. Mais durant mon séjour, j'ai reçu un appel d'un membre de sa famille m'indiquant que je n'étais pas le bienvenu. On m'a prévenu que le père de Tom et son oncle allaient m'agresser si je m'y présentais. Craignant pour mon intégrité, je n'ai pas assisté au mémorial ni à l'incinération. Mon nom n'a pas figuré sur le carnet de deuil. J'étais la personne la plus importante dans la vie de Tom, et ils essayaient d'effacer toute trace de mon existence.

Tout ce que je voulais, c'était l'aimer.  Quand nos amis ont exprimé leur tristesse sur la page Facebook de Tom, sa famille l'a fermée. Pour eux, je n'existe plus. Et pour le gouvernement, Tom et moi étions colocataires.

Je suis allé à l'hôpital où Tom avait été pris en charge pour en savoir plus sur les circonstances de l'accident. On m'a dit que je n'avais le droit à aucune information, qu'il fallait que je contacte les parents de Tom.

Tom était ma famille. Mais nous n'avions pas fait de testament. Bien qu'ayant une entreprise et un prêt ensemble, je n'avais pas le droit d'accéder aux informations relatives à sa mort ou aux événements qui l'ont suivie. J'étais impuissant. Si Tom et moi avions eu le droit de nous marier, les choses auraient été différentes. Perdre l'être aimé est suffisamment traumatisant pour ne pas avoir à subir cette négation de la loi. Cela rend la douleur encore plus forte.

Après quelques temps, je suis finalement allé voir Tom. Sans faire de bruit, je me suis rendu dans l'Indiana. Tom avait toujours voulu que je découvre l'endroit où il a grandi. Mais évidemment pas de cette manière.

Je dois me battre pour ce qui est juste. Je dois me battre pour ce à quoi je crois, et je ne peux plus rester en retrait. Peut-être que c'est pour ça que c'est arrivé, en partie... Je dois ouvrir les yeux, je veux du changement, je veux me battre pour l'égalité.

Nous devons prendre position pour l'égalité et promouvoir la tolérance. Ne laissez pas la peur ou le harcèlement vous empêcher de vous battre pour cette égalité, raconter votre histoire, ou aimer la personne que vous avez choisi d'aimer. Quelle que soit votre orientation sexuelle, je vous supplie de faire tout ce qu'il faut pour vous protéger, vous et les personnes que vous aimez. N'attendez pas qu'il soit trop tard. C'est maintenant. Si vous croyez à l'égalité, partagez cette vidéo.


Dès qu'elle a vu cette petite vidéo, la scénariste, réalisatrice et productrice Linda Bloodworth-Thomason a souhaité réaliser un film en s'appuyant sur les témoignages et documents de Shane Bitney Crone et de ses amis. Ce film de 79 minutes est disponible en version sous-titrée sur Netflix.


"Bobby seul contre tous" est un téléfilm dramatique américain réalisé par Russell Mulcahy sur le scénario de Katie Ford. Il a été diffusé pour la première fois le 24 janvier 2009 sur Lifetime et le 20 avril 2009 sur M6 en France. Le film est basé sur l'histoire vécue de Bobby Griffith, un jeune homosexuel qui s'est suicidé à cause de l'intolérance religieuse de sa mère et de sa communauté épiscopalienne.


Bobby, un jeune adolescent qui grandit dans une famille protestante très pratiquante, est en proie au doute. Un jour, il se confie à l'un de ses frères : il préfère les garçons aux jeunes filles de son âge. Bientôt, toute la famille est au courant : si les hommes de la maison semblent finalement accepter cette différence, sa mère ne peut s'y résigner, puisque cela va à l'encontre de ses principes religieux. Elle se met alors en tête de "guérir" son fils grâce à sa foi. Mais un terrible événement va changer sa vie et sa vision du monde...



Remarquez que la mère de Bobby, Mary Griffith, dont le rôle est joué par Sigourney Weaver, apparaît en personne à la fin du film :


16 commentaires:

  1. Je suis particulièrement original, mais je n'ai pas du courage de voir des films tristes.

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    1. Ce sont en effet des films très émouvants mais qui sont basés sur des faits réels. La réalité n'est pas toujours toute rose. Sinon, pour les films qui ne sont pas tristes, tu peux toujours te rabattre sur "la cage aux folles" qui fait bien rire les hétéros avides de clichés.

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    2. c'est vrai, mais ldans la vie on doit vivre ce que se passe, mais si je veux voir une vidéo je peux choisir.

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    3. Je comprends. C'est bon de s'évader de temps à autre de la réalité en regardant des films distrayants qui font oublier que la vie n'est pas toujours facile.

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    4. Franchement, je préfère regarder "la cage aux folles" même plein de clichés des années 80 mais toujours respectueux et non vulgaires et avec d'excellents acteurs que les films nullissimes "Pédale douce" et "Pédale dure" qui sont d'une vulgarité poussée à l’extrême. Il y a de bon acteurs dans ces deux films "Pédales douce et dure", mais là ils sont nullissimes.
      J'aimais bien Patrick Timsit avant de le voir dans "Pédale douce". Depuis, je peux plus le blairer.

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    5. On vient de regarder le petit document sur Shane et Tom. C'était très bien fait. Philippe approuve.

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    6. Je suis bien d'accord avec toi pour ce qui concerne les film "Pédale douce" et "Pédale dure". Par ailleurs, il faut reconnaître à "La cage aux folles" le mérite d'avoir abordé de manière décomplexée un sujet qui n'était jusqu'alors jamais traité et, si le film - et la pièce de théâtre dont il est issu - était très caricatural, je pense que beaucoup d'homos l'ont aimé. Mais, c'était dans les années '70, avant l'épidémie du Sida qui a suscité des films d'une autre envergure où les homos n'étaient plus montrés comme des folles.
      Dans la même veine que "La cage aux folles", il y avait aussi la pièce de théâtre "Pauvre France !", une adaptation française de la pièce américaine "Norman, is that you ?" appréciée quand elle a été représentée en 1971 et 1982 puis critiquée pour sa représentation caricaturale des homosexuels quand elle a été diffusée à la télé en 2002. Personnellement, je n'y vois rien à redire car c'est un vaudeville qui caricature aussi bien l'homosexualité du fils que les réactions conformistes de son père. Je vais présenter cette pièce sur le blog.

      "Bridegroom" et "Billy seul contre tous" sont évidemment d'un registre différent mais les objectifs ne sont pas les mêmes.

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    7. Oui, les films traitant d'homosexualité sont généralement plus intelligents à notre époque qu'avant.
      Et il est agréable de voir que les personnages gays ne sont plus montrés comme des folles mais aussi comme des hommes masculins, ce qui est la grande majorité des gays dans le monde. Les efféminés ne sont que minoritaires.
      Il suffit de regarder mon Philippe ou même moi. Si vous nous trouvez efféminés, c'est que vous êtes cons. (Philippe se marre)

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    8. Il est évident que les folles ne sont et n'ont jamais été qu'une toute petite minorité des homosexuels. Bien sûr, ce sont ceux qu'on remarque ; les autres passent complètement inaperçus puisqu'ils se comportent comme n'importe quel autre homme. Jusqu'il y a peu, on ne pouvait pas soupçonner leur homosexualité puisqu'ils n'en parlaient pas, ce qui donnait à penser que tous les homos étaient des folles. Aujourd'hui la plupart des homos n'ont plus peur de se mettre en couple et ne cherchent plus à le cacher, ce qui permet de se rendre compte que ce sont des hommes "comme les autres".

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  2. J'ai vu Bobby seul contre tous à la télé l'autre jour. Super !

    Je ne connais pas Bridegroom mais cela doit être bien. Je viens de regarder le petit document qui accompagne. Cela existe encore les cons.
    Quand je pense que des cons ont encore manifesté ce weekend contre le mariage pour tous. Ils ont vraiment que çà à foutre de leur vie de merde.
    Malheureusement pour eux, et tant mieux pour nous, cela m'étonnerait qu'il y ait un retour en arrière sinon tous ceux et celles qui ont contracté un mariage gay depuis le passage de la loi se verraient leurs mariages annulés. Je doute qu'ils se laissent faire.
    On devrait buter une fois pour toute tous ces cons qui participent à de telles manifestations. En commençant par les connards de gays qui sont opposés au mariage pour tous et qui osent manifester car il y en a de ceux là.
    De vulgaires merdes, voilà ce qu'ils sont. Si je rencontre un seul gay qui me dit qu'il est opposé au mariage pour tous, il prendra mon point dans la gueule. Je suis gentil mais faut pas me chauffer.

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    1. En effet, il ne faut pas te chauffer ! mais tu n'as pas tord, Franck, dans ce que tu dis.

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    2. C'est vrai qu'il y a des gays qui ne sont pas pour le mariage pour tous et qui sont plutôt pour le mariage pour personne. Certains pensent aussi que le mariage est une mascarade pour hétéros et que les gays n'ont pas à les singer. Je comprends très bien que certains ne soient pas favorables à l'institution du mariage, c'est leur avis et je le respecte. Mais, s'ils ne veulent pas du mariage pour eux, personne ne les force à se marier. Dès lors, qu'ils acceptent que d'autres ne sont pas de leur avis et qu'ils ne s'opposent pas au mariage pour les gays qui le veulent. Je suis donc d'accord avec toi pour trouver scandaleux que des gays participent à ces manifestations. De toute façon, je ne comprends pas qu'on puisse faire autant de foin sur cette question en France alors qu'il y a des problèmes bien plus importants. En Belgique, le mariage est ouvert à tous depuis plus de 13 ans et personne ne s'y est jamais opposé. Les gens préfèrent manifester contre les mesures d'austérité du gouvernement qui sont bien plus inquiétantes que deux hommes ou deux femmes qui s'aiment.

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    3. 13 ans déjà en Belgique ! Je ne pensais pas que cela faisait si longtemps !
      Comme le dit mon collègue et ami Freddy, on ne va pas se laisser emmerder par tous ces ayatollah soit disant bien pensants et soit disant bons chrétiens qui ne sont en fait que des gens haineux à faire pâlir Dieu en personne.

      Il a raison mais il faut combattre aussi ces gays qui pensent qu'il n'y a qu'eux qui sont biens. Tellement égoïstes que tant qu'ils peuvent vivre leur homosexualité comme ils le veulent, ils se moquent que d'autres gays ne peuvent pas en faire autant ou aspirent à autre chose.

      J'en ai rencontré des comme çà et je les aime pas.

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    4. Et oui, déjà 13 ans. C'était en avril 2003 et c'est passé comme une lettre à la poste sans tout le foin qui a été fait en France 10 ans plus tard.
      Des gens haineux à faire pâlir Dieu en personne, c'est peu dire ! Ce sont des gens qui ne connaissent rien à leur religion, qui donneraient des leçons de moralité à leur Dieu et n'hésiteraient pas à le lyncher s'ils le rencontraient au coin d'une rue. Car leur Dieu, c'est quand même celui qui a dit "les prostituées rentreront dans le royaume des cieux avant vous !"

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  3. Re bonjour les Garçons

    Je ne vais pas être original je suis aller voir ce film à sa sortie en salles.

    Comme le précisent si bien vos lecteurs il est rediffusé régulièrement sur les chaines télévisuelles

    Ce film et bouleversant tout simplement, qui brille par la présence de la délicieuse Sigourney Weaver et du talentueux et sexy Ryan Kelley

    Un film qui doit faire réfléchir sur la tolérance et qui peu peut être faire évoluer les mentalités de certaines personnes..

    Quoique quand ont voit les bidochons qui ont défilé ce weekend c'est pas gagner !!!

    Mais c'est vrai que ces bâtards ont de la " merde à la place du cerveau !

    Belle fin de journée les Garçons et agréable semaine

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    1. Je me demande si quelque chose peut ouvrir l'esprit de tous ces excités, pour la plupart des fanatiques chrétiens très proches des lobbies américains du même genre. Ce n'est même pas dit qu'ils réfléchiront quand un de leurs enfants se sera suicidé. En tout cas, je plains sincèrement les enfants gays qui doivent vivre dans de telles familles, je ne voudrais pas du tout être à leur place.

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