mercredi 26 octobre 2016

Amnistie pour des milliers d'homosexuels britaniques


 Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Après le célèbre mathématicien Alan Turing qui a reçu le "pardon royal" en 2013, c'est Oscar Wilde, l'écrivain irlandais bien connu, auquel le parlement britannique "pardonnera" bientôt ses "attentats à la pudeur" et "outrages sexuels". Il ne sera pas seul à recevoir ce "pardon" puisque ce sont environ 65.000 personnes qui seront "pardonnés" d'avoir aimé une personne de même sexe.


Pour rappel, Alan Turing - dont l'histoire a été portée à l'écran en 2015 dans le film "Imitation Game" - est ce mathématicien de génie dont les travaux ont permis de casser le code utilisé par les sous-marins allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a été condamné pour homosexualité en 1952 et a accepté de subir une castration chimique pour éviter la prison. Il s'est suicidé peu après à l'âge de 41 ans.


Arrêté le 6 avril 1895,  Oscar Wilde a été condamné le 25 mai 1895, en vertu d'une loi datant de 1885 interdisant l'homosexualité, à la peine maximale de deux ans de travaux forcés, ses biens ont été confisqués pour payer les frais de justice et sa femme s'est réfugie avec ses fils en Suisse où elle a substitué au patronyme de ses fils celui de « Holland ». Après sa sortie de prison en 1897, Oscar Wilde s'est exilé en France où il a pris le nom de Sébastien Melmoth. Il a terminé sa vie à Paris dans la solitude et la misère et il est mort le 30 novembre 1900 à l'âge de 46 ans.


Ainsi donc, le Parlement britannique a débattu vendredi dernier d’une proposition gouvernementale d’amnistie pour des milliers d’hommes condamnés pour homosexualité. Environ 65 000 personnes sont concernées dont 49 000 sont mortes. Cette proposition de loi, qui devrait être adoptée rapidement, permettrait d’effacer de leurs casiers judiciaires toute condamnation pour homosexualité. Les 15 000 personnes vivantes avaient déjà la possibilité de demander l’effacement du délit, avec un traitement au cas par cas. Avec cette loi, si un délit n’est plus inscrit dans la loi - ce qui est le cas pour l’homosexualité - un pardon serait automatiquement accordé.


George Montague, un homme de 93 ans qui a lui aussi été condamné pour "outrage à la pudeur", a déclaré dans une interview à la BBC qu'il n'aimait pas cette notion de pardon : "De quoi étions-nous coupables ? Alan Turing ou moi ? Juste d’être nés uniquement capables de tomber amoureux d’un autre homme ? Je voudrais des excuses, il n’y a rien à me pardonner."








6 commentaires:

  1. Très interessant! bonne journée!

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    1. Je suis d'accord avec le vieux monsieur. Il n'a pas à être pardonné. Le minimum qu'il puisse attendre sont des excuses.
      Et c'est à lui après de pardonner ou pas !

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    2. Là, nous sommes bien d'accord. J'irai même plus loin en disant que des excuses ne suffisent pas ; un dédommagement par exemple sous forme de rente ou de pension comme on en donne aux anciens combattants serait pour moi le minimum.

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  2. Superbe article comme toujours

    J’adhère aux énoncés de Monsieur George Montague, tout ceci n'est qu'une véritable fumisterie !

    Belle journée les Garçons

    Amicales pensées Patrice

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    1. Je suis tout à fait d'accord. Comme le dit si bien Corentin, c'est plutôt lui qui peut, s'il le veut, pardonner à ceux qui l'ont emprisonné pour la seule raison qu'il aimait. Bonne journée à toi, Patrice.

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