samedi 9 avril 2016

Enculez-moi tous ces prudes hommes !


 L'information a fait le tour de tous les médias : les Prud'hommes de Paris ne considèrent pas comme une discrimination homophobe le fait de traiter un coiffeur de pédé !


La justification est très simple, et même simpliste, car "il est reconnu que les salons de coiffure emploient régulièrement des personnes homosexuelles". 


Mais oui bien sûr, tout le monde sait très bien que la plupart des coiffeurs sont pédés, tout comme ceux qui travaillent dans la restauration, les danseurs, les patineurs, les chanteurs, les comédiens, et tous les artistes en général, sans oublier les travailleurs sociaux - infirmiers, enseignants, assistants sociaux, etc. - bien entendu !

Bref, réjouissons-nous, les gars, "sale pédé" n'est pas une insulte homophobe car aujourd'hui tout le monde ou presque est homo !


Le texto envoyé par la manager de ce jeune coiffeur à la veille de la rupture de sa période d'essai - et qu'il a reçu par erreur - est pourtant éloquent et prouve qu'il s'agit bien d'une discrimination à l'embauche basée sur l'homophobie de l'employeur :
"Je ne garde pas X, je le préviens demain, on fera avec des itinérants en attendant, je ne le sens pas ce mec: c'est un PD, ils font tous des coups de putes."
S'estimant victime de discrimination liée à son orientation sexuelle, le jeune coiffeur a attaqué son employeur devant les Prud'hommes, soutenu par le Défenseur des droits, qui estimait qu'il y avait bien eu discrimination.

Dans sa décision, le Conseil des Prud'hommes a considéré qu'il n'y avait pas discrimination en se justifiant ainsi :
"En se plaçant dans le contexte du milieu de la coiffure, le Conseil considère que le terme de "PD" employé par la manager ne peut être reconnu comme propos homophobe car il est reconnu que les salons de coiffure emploient régulièrement des personnes homosexuelles notamment dans les salons de coiffure féminins, sans que cela ne pose de problèmes."
 "En conséquence, le Conseil estime que l'employeur n'a pas fait preuve de discrimination à l'encontre de Monsieur X mais que ce sont des propos injurieux qui ont été prononcés."
Le Conseil des Prud'hommes a toutefois accordé à l'employé 5.000 euros au titre du préjudice moral.


La position du Conseil des Prud’hommes de Paris est incompréhensible.

Quand on isole l'injure "PD", il n'y a pas de quoi en faire tout un plat. Ce n'est pas pire que traiter quelqu'un de "con" ou de "fils de pute", ce qui finalement n'a rien d'homophobe et ne justifie pas un dédommagement de 5.000 €.

Par contre, l'ensemble du texto de la manager est clairement homophobe et discriminatoire à l'embauche. "Je ne garde pas X... je ne le sens pas ce mec : c'est un PD, ils font TOUS des coups de putes.", le lien entre le fait de ne pas le garder et son homosexualité est évident.

En plus, l'insulte homophobe ne concerne pas seulement le jeune coiffeur mais l'ensemble de tous les homosexuels qui "font TOUS des coups de putes" selon cette manager. Je me demande dans quelle mesure les associations homosexuelles ne seraient pas en droit d'intenter un procès à cette manager ainsi qu'au Conseil des Prud'hommes de Paris qui a légitimé ses propos, puisque nous pouvons tous nous sentir visés en tant qu'homosexuels.

Que pensez-vous de tout cela ? Le débat est ouvert !

















14 commentaires:

  1. dans certains mondes (la mode, l'art et la créativité en général) l'homosexualité est largement répandue. On sait bien cela. Mais si seulement ces messieurs pourraient imaginer combien l'homosexualité est répandue dans d'autres beaucoup d'autres mondes inattendus ...

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    1. En effet, Xersex, comme l'aurait chanté Carlos, "par le grand manitou, y a des homos partout !"
      Cette position des Prud'hommes de Paris qui scandalise la ministre française de l'emploi en est d'autant plus incompréhensible. Ca montre qu'il y a aussi des homophobes partout.

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    2. mon ami, je m'en fous des homophobes et des catholiques. Dans mon sex club sûrement il n'y a pas des homophobes. Cela me suffit! J'espère que les catholiques, les fondamentalistes homophobes de produisent de nombreux enfants qui se trouvent être transsexuel ou gay!

      bonne dimanche, mon Kalinours!!!

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    3. Merci Xersex. J'espère que tu as passé un bon dimanche dans ton sex-club.

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  2. Bonjour Kalinours!
    Une information qui m'a horrifié au plus haut point lorsque j'en ai pris connaissance!
    J'en susi tout autant scandalisé que toi!
    Bon week-end!

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    1. Merci, Sweet ami. J'espère que tu as aussi passé un bon week-end et que tu as bien profité de ton congé.
      Bonne semaine.

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  3. J'ai crû comprendre que le coiffeur avait décidé de ne pas en resté là et de faire appel. Il a bien raison.
    Je suis d'accord avec toi Kalinours, la manager de ce salon nous visez tous, nous les homos. Si son salon fait parti d'une chaine genre Desange ou Franck Provost, j'espère qu'elle sera virée.
    Philippe n'a pas apprécié non plus d'entendre cette affaire. Il s'est senti touché. Dire qu'il y a encore quelques années, il était hétéro ! Il réagi maintenant en vrai gay.
    Il dit que c'est normal, il se sent concerné et aussi par rapport à moi.

    Bon, j'arrête d'écrire, il faut que je prépare mon prochain "coup de pute" de PD.

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    1. En effet, le coiffeur a fait appel.
      Tu as raison, préparons gayment nos "coups de putes" :o)

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    2. Alors les mecs ! Avez-vous, comme tout bon PD, fait au moins un "coup de pute" aujourd'hui ?
      Si non, il faudra vous rattraper demain pour ne pas faire mentir la manager du salon de coiffure.
      Je compte sur vous !!

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    3. LOL. Ce serait bien que chacun vienne raconter ses coups de putes !

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  4. Les gens comme ce manager devraient être condamnés à ne plus exercer en tant que patron. Si j'étais le propriétaire de ce salon, c'est elle que je mettrais à la porte sans indemnité de licenciement.

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    1. Il faut croire que le patron est aussi homophobe que sa manager, et peut-être même qu'il couche avec elle. J'espère que la cour d'appel les condamnera sévèrement.

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  5. C'est tout bonnement scandaleux d'abord pour les gay , perso j'ai connu des coiffeurs hétéros quelle horreur !!! de plus licencier une personne sous le seul fait qu'il est gay est une discrimination, pour rappel les juges des prud’hommes sont pas des magistrats professionnels et ça c'est bien dommage , devant la cour d'appel la discrimination sera de toute manière reconnu et le jugement des prud'hommes cassé, tant qu'a la manager de ce salon elle devrait être licencié pour faute

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    1. Oui, il et fort probable que la cour d'appel condamnera le patron du salon de coiffure pour discrimination à l'embauche. Quant à la manager, elle risque bien de se faire crêper le chignon par son patron pour avoir envoyé par mégarde le texto au jeune coiffeur concerné. Sans ce texto, on n'aurait jamais pu prouver la discrimination homophobe.

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